J’étais en train de ranger une pile de vieux cahiers pour en extraire des contacts professionnels et les sauver en ligne.
Je suis tombé sur des notes prises lors de mon voyage à Cuba.
Les Cubains que j'ai rencontrés parlaient facilement avec le touriste que j'étais. Moi, j'écoutais et je relançais la conversation lorsque c'était nécessaire -rarement-.
Sans qu'il n'y ait aucune perche d'actualité, je retranscris une petite partie des observations d'un Cubain qui habite une ville à l'illustre passé révolutionnaire, qui croit aux idéaux socialistes mais constate que les faits sont têtus. C'est une description sociologique sauvage, mais assez fidèle au petit bout de réalité que j'avais pu observer lors de mon séjour itinérant.
"On dit que la Révolution c'est l'égalité. Ici il n'y a pas d'égalité. Pour que l'égalité existe, il ne devrait y avoir qu'une classe sociale; à Cuba il y en à six :
- Celui qui est propriétaire d'une Casa Particular [les habitants peuvent être autorisés, sous certaines conditions et moyennant le paiment d'une forte taxe, à louer des chambres aux touristes. Leur maison est alors enregistrée comme une pension officielle, ou Casa Particular, source possible de revenus relativement importants].
- Celui qui travaille avec les touristes [et a donc accès au peso convertible, la seule monnaie qui permet d'acheter autre chose que des aliments et des vêtements].
- Celui qui est marié avec un européen [et peut donc passer la fontière dans les deux sens sans trop de problèmes].
- Celui qui a de la famille à l'étranger [et reçoit de l'aide de sa part].
- Celui qui vend au marché noir.
- Et [au plus bas échelon, s'entend,] celui qui travaille pour le gouvernement."
(Photo: Mathieu de Taillac. CC - BY - NC - SA. Affiche de propagande gouvernementale : "Vers le 50º anniversaire de la Révolution avec la satisfaction du devoir accompli".)


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