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Espacopa

Comme tout a été dit, écrit et ressassé, disons simplement que j'y étais. Non, pas à Vienne où les Espagnols ont remporté la coupe d'Europe, mais à Madrid qui a explosé de joie après 44 ans de disette internationale. Depuis que je vis en Espagne, j'entends lors de chaque compétition sportive que "comme d'habitude, on sera éliminé en quarts de finale". Cette fois-ci, il s'en est fallu de peu, mais la Roja a bien brisé le "maléfice", comme les journalistes ont pris coutume de dire.

Bref, Madrid était rouge de monde (la vidéo, d'horrible qualité, n'a d'autre valeur que testimoniale. Si vous cherchez de bonnes images de la soirée, regardez plutôt les photos d'un collègue et néanmoins ami ici).

Parmi les chants qui m'ont étonné, "Yo soy español, español, español...", dans un pays où les revendications identitaires périphériques et les mauvais souvenirs historiques complexent souvent les amateurs de drapeaux rouge et jaune, en dehors des manifestations convoquées par la droite. Le plus curieux est sans doute de l'entendre à Bilbao, dans le pays basque (vidéo via mimesacojea [es] via meneame [es]).

J'ai vécu un an dans la capitale économique d'Euskadi. Le langage politiquement correct y conduit les gens prudents à parler de "l'État espagnol" ou de "la péninsule", pour éviter d'englober le Pays Basque dans un nom propre géographiquement supérieur. Alors un "¡Viva España!", cela surprend. Et défier en pleine rue -"ils sont où les gamins d'Herri Batasuna ?"-, voire insulter, les défenseurs du nationalisme basque radical, c'est encore plus incongru.

Les défenseurs de l'unité de l'Espagne ne sont ni plus intelligents ni plus bêtes que les partisans de l'Euskal Herria. Mais d'habitude, en terre basque, ils se taisent. Dimanche soir, exceptionnellement, ils étaient ivres de football. Comme toute l'Espagne, ou toute la péninsule.

Le nouvel hymne du Timor Oriental

Le Timor Oriental (en portugais, Timor Leste), le dernier État à avoir obtenu un siège à l'ONU, a enfin adopté les paroles de son hymne national. Elles parlent de la diversité du peuple timorais, de la richesse naturelle de l'île, de son passé difficile et de sa foi en l'avenir.  Je les soumets à votre avis.

Vive Timor Leste !
Chantons tous ensemble
de nos voix différentes
et d’un seul cœur

Vive Timor Leste !
Des vertes vallées
jusqu’à l’immense mer
un hymne de fraternité

Aime la Patrie
car elle sait embrasser
sous son ciel bleu
des peuples en liberté

Gloire aux fils
qui à l’Histoire donnent
justice et grandeur,
démocratie et paix

Bien, il ne me reste qu'à confesser aux plus distraits qu'il s'agit en réalité du probable futur texte de l'hymne national espagnol, qu'un jury a sélectionné entre quelque 7.000 propositions. L'idée vient du Comité Olympique Espagnol, qui se plaignait que ses athlètes ne pussent chanter autre chose que  "lo lo lo" lorsque la Marcha Real retentissait dans les stades.

Et effectivement, les mots sont assez abstraits pour pouvoir servir au Timor Oriental et à à peu près n'importe quel pays. Il faut dire que l'Espagne des Castillans, des Basques, des Catalans et de tous les autres se pose de grandes questions d'identité, amplifiées par un débat droite - gauche rarement serein.

Rappelons aussi que les paroles antérieures à la restauration de la démocratie n'ont pas laissé que de bons souvenirs.

Quoi qu'il en soit, le texte nouveau-né, éventé avant l'heure par le quotidien ABC, sera entonné par Plácido Domingo lors de sa présentation officielle le 21 janvier. Il devra ensuite récolter 500.000 signatures puis être approuvé par le Parlement.

Voici ce que ça donne:

¡Viva España! Cantemos todos juntos con distinta voz y un solo corazón
¡Viva España! desde los verdes valles al inmenso mar, un himno de hermandad
Ama a la Patria pues sabe abrazar, bajo su cielo azul, pueblos en libertad
Gloria a los hijos que a la Historia dan justicia y grandeza democracia y paz

ou, traduit par votre serviteur:

Vive l’Espagne ! Chantons tous ensemble de nos voix différentes et d’un seul cœur
Vive l’Espagne ! Des vertes vallées jusqu’à l’immense mer, un hymne de fraternité
Aime la Patrie car elle sait embrasser sous son ciel bleu des peuples en liberté
Gloire aux fils qui à l’Histoire donnent justice et grandeur, démocratie et paix

Et, inévitablement, en karaoké :

Nadal - Federer, un terrain chacun
/ La Batalla de las Superficies

Palma de Mallorca innove mercredi prochain, à l'occasion d'un match amical entre Rafael Nadal et Roger Federer. L'image (AFP / Jaime Reina) se passe de commentaires.

/ La Batalla de las Superficies opondrá el próximo miércoles a Nadal y Federer. En un terreno un poco especial...

Tennispalma_2

L'Espagne est championne du monde... [Rdp #7]


L’Espagne est devenue ce dimanche 3 septembre 2006 championne du monde… de basket. La célébration, dimanche et lundi, de ce premier titre mondial a pris des proportions surprenantes au pays où le fútbol des stars du Barça et des galácticos du Real Madrid est sans conteste LE sport national. En fait, les Espagnols semblent avoir replacé leurs espoirs footballistiques déçus dans le basket, plus prometteur cette année. Les supporteurs ont même recyclé les chants de la coupe du monde en Allemagne pour supporter les basketteurs au Japon. Ainsi ¡A por ellos! ("On va les avoir !"), cri de ralliement populaire né pour la coupe du monde de football, a rempilé pour les championnats de basket.

     À Madrid, les aficionados avaient rempli le Palais des Sports pour voir ensemble la finale contre la Grèce. Marée de rouge, de 100_3131jaune, de drapeaux flanqués du taureau ibérique et… de barbes en carton ! La barbe, c’est celle de Pau Gasol, le pivot du cinq espagnol et chouchou de tout un pays. Star de la NBA aux Etats-Unis, Gasol c’est le Zidane du ballon orange en Espagne. Gasol, blessé lors des demi-finales âprement gagnées contre l’Argentine (75-74), n’a pas pu jouer la finale. Tout au long du match, la télévision espagnole l’a montrée sur son banc, flanqué de ses deux béquilles. Et à chaque apparition, les 15.000 supporters du Palais des Sports exultaient.

    Lundi matin, un mot revenait en une de toute la presse : l’or. Le quotidien le plus lu en Espagne, Marca, en est devenu napoléonien : "Fils, moi j’ai vécu l’or du Japon", proclame la première page du journal sportif. Les généralistes ne sont pas en reste, comme El País qui consacre un éditorial à rassurer ces lecteurs : "Non, ce n’est pas un rêve". Et après un long texte de félicitation au basket espagnol, El País repasse les récents succès nationaux en handball, en tennis, en cyclisme, en formule 1, en moto et en athlétisme, et constate désespérément : "Le seul sport qui manque, c’est, comme toujours, le football".

    Mais qu’à cela ne tienne, les Espagnols ont une occasion de célébrer leurs champions et entendent bien en profiter. Dans la nuit de lundi à mardi, 100.000 personnes sont venu célébrer l’arrivée à Madrid de leurs campeones, sur la Plaza de Castilla. Deux stars ont cristallisé l’émotion : le blessé et l’orphelin. Avant que ne parle Pau le barbu, c’est l’entraîneur qui a pris le micro. Pepu Hernández souriait davantage que dimanche. Les spectateurs étaient étonnés du visage fermé du coach espagnol au moment de soulever la coupe. Pepu avait appris la veille de la finale la mort de son père. Il n’avait rien dit à ses joueurs, parce que "rien ne devait arrêter l’équipe". Lundi soir il a dit qu’il y avait un mot qui importait "BA-LON-CES-TO", le basket, au pays du football roi. Les dizaines de milliers de supporteurs l’ont acclamé.

(Article original publié sur EnEspagne.com)

Cudebul, el cabezazo de Zidane en castellano

Cudebul_1 La canción del coup de boule (cabezazo) de Zidane ya existe en castellano, y se llama Cudebul. La traducción al español es bastante buena, aunque con un acentazo francés peor que el mío.

    Les dejo escucharla aquí, pero no bajarla: tendrán que pagar 0,99€ como he hecho yo :-(.

(Si no está permitido reproducir la canción en este blog, escríbanme y la retiro
/ Si la reproduction de la chanson sur le blog pose un problème de copyright, écrivez-moi et je la retire).

Coup de buzz / Zi dan, recibirán

Trois gros malins ont exploité la drôle de sortie de Zinedine Zidane. Vous pouvez l'écouter et/ou la télécharger ci-après.

/ Tres listillos pretenden forrarse con una musiquilla sobre el cabezazo de Zidane. Para escuchar y/o bajar el mp3:

Pod

La chanson s'appelle Coup de Boule, on la retrouve aussi en cherchant "Zidane il a tapé".

Les trois auteurs ont en fait détourné un tube de potache de l'animateur Cauet.

/ Aquí está la canción, más positiva, de la que se inspiraron los autores:

Pod

[edit] Ahora también existe una versión en español: Cudebul.

Où voir la finale en Espagne ?

D'après quelques emails et mes petites statistiques, il semble que beaucoup de Français en Espagne se posent fiévreusement la question : où peut-on se regrouper entre franchouillards pour regarder la finale de la Coupe du Monde entre la France et l'Italie ce dimanche 9 juillet à 20h ?

    BLOGAL joue les services publics et vous guide tel un routard du Mondial.

    À Madrid l'écran géant de la Plaza de Colón sera bel et bien en service. Cuatro a décidé de ne pas se priver de l'aubaine de la finale. Si vous avez peur de vous perdre et que vous préférez beugler la Marseillaise accompagné, un rendez-vous a été fixé sur les forums de la Maison des Français de l'Étranger : Métro Colón (Ligne 4 -la marron-), sortie c/ Génova pares à 18H30.

    Les Français de l'Étranger de Barcelone se sont donné deux rendez-vous, au bar Paris Taxi, c/ Riera de Sant Miquel, 23, dans l'Eixample. Et puis à l'Institut Français, où l'on promet écran géant et commentaires en français.

    À Séville il faudra aller chez les Irlandais, le pub O'Neil, c/ Alemanes, ce qui fait déjà un bon paquet de nationalités (de "réalités nationales", pardon ;-).

    À Valence enfin, vous retrouverez le Pape Zidane au bar El Castillo, c/ Menéndez y Pelayo.

    Pour ma part j'irai sûrement voir le match avec des amis italiens, c'est tellement plus drôle... Bonne finale à tous !

Gueule de bleu [RdP #1]

En partenariat avec EnEspagne.com, BLOGAL vous propose chaque semaine une revue de la presse espagnole. Premier numéro : la victoire des Bleus vue par les rouges.

Perrodico_1
Dur réveil ce mercredi matin pour les supporteurs espagnols. Le pays entier y avait cru : après son sans faute en première phase, la sélection espagnole, la roja, récolterait davantage que l’enthousiasme et la condescendance internationale.

    Las, le onze espagnol a montré face aux tricolores "L’Espagne de toujours" pour El País, "L’impuissance de toujours", pour El Mundo, ou encore "L’histoire sans fin" pour ABC. La frustration est grande face à l’impression que l’histoire se répète comme une fatalité.

    La presse rappelle qu’à chaque coupe du monde, l’Espagne suscite l’enthousiasme et fait preuve de qualité, mais échoue "dès qu’elle joue un vrai match", comme résume cruellement El País. L’élimination habituelle en quarts de finale est devenue un sujet de plaisanteries en Espagne. Mais, comme l’écrit El Mundo dans son éditorial, "Cette fois nous n’avons même pas attendu les quarts de finale pour mourir".

    Dans l’ensemble bons perdants, les journaux soulignent les vertus de la maturité française face à l’inexpérience espagnole. Seul le coup franc à l’origine du deuxième but français a du mal à passer. La faute sur Henry, qui porte les bras à la tête alors qu’il n’a pu être touché qu’à la jambe, est perçue comme imaginaire.

    Pour se consoler, les amateurs se tourneront vers les journaux sportifs, As : "C’était beau tant que ça a duré" ou Marca : "Ne pleure pas", en énorme sur la une ; et en sous-titre, "Nous avons une équipe et nous reviendrons". Une équipe oui, mais un entraîneur ? La question du départ de Luis Aragonés est posée dans la presse. Le sélectionneur a précisé "Je resterai si les supporteurs et la fédération le veulent". Marca prend Aragonés à son propre jeu, et avance six noms pour un possible remplaçant, "Si Luis ne continue pas"…

(Article original publié sur EnEspagne.com)

À Madrid parmi les rouges


"On avait fini par y croire". La phrase de Javier, jeune supporteur madrilène de la sélection espagnole, résume l’immense déception de tout un pays qui s’était juré que cette fois-ci, après son sans faute en première phase, l’Espagne récolterait davantage que l’enthousiasme et la condescendance internationale.

    Pendant les treize minutes où les rouges menaient au score, Madrid était euphorique. Devant les  écrans géants installés sur deux des places centrales de la capitale, Sol et Colón, les dizaines de milliers de supporteurs scandaient "Sí, sí, sí, ¡vamos a Berlín!" : "Oui, oui, oui, on va à Berlin !". La jeune et impertinente Espagne se voyait déjà en finale, renvoyant la France à la retraite anticipée. À la mi-temps, les quelques voyageurs égarés dans le métro, la plupart peinturlurés de rouge et de jaune, affichaient encore le sourire malgré l’égalisation française.

    Mais le deuxième but des tricolores est accueilli par des cris d’horreurs. Sur la Plaza de Colón, où se sont rassemblées quelque 15.000 personnes, en majorité des jeunes de moins de 20 ans dont beaucoup de filles, la colère est immense. Henry, ce joueur qui dédaigne les terrains espagnols, reçoit les pires noms d’oiseaux… L’aficción espagnole est unanime : le gabacho (un terme un peu péjoratif pour désigner les Français) a simulé. "J’aimais bien Henry, il m’a sacrément déçu !", se lamente une jeune supportrice dans sa jupe rouge à la large ceinture jaune.

    Les quelques Français présents ne bronchent pas, et essaient de passer inaperçus. Thibault, un jeune étudiant en séjour Erasmus, explique que lui et ses trois amis sont partis de Colón à la première mi-temps, dépités par l’ambiance hostile. "Après l’égalisation, quelques supporteurs commençaient à nous insulter, on a préféré voir le match à la maison". Il est vrai qu’au milieu de la célébration du football, on a pu apercevoir des petits groupes d’intrus tendre le drapeau espagnol frappé de l’aigle de Saint-Jean, en vigueur sous la dictature de Franco.

    Quelques poubelles sont renversées, des pétards explosent, jusqu’à ce que la police arrête une poignée d’agités... Le Samu local a même dû soigner une cinquantaine de blessés, surtout par des jets de bouteilles en verre.

    La majorité des spectateurs est restée calme, mais la tristesse est immense. Après le dernier but, les supporteurs abandonnent la Plaza de Colón, dépités. Zidane, le joueur qui a donné tout son talent au Real Madrid, lui que tous considèrent comme un caballero, un gentleman, vient de crucifier la bonne volonté ibérique.

(Article original publié dans La Dépêche)

Les bourreaux français

    Peu de larmes, l'Espagnol se contient. Mais sur la Plaza de Colón, au centre de Madrid, des jurons pleuvent, la maman d'Henry en prend pour son grade, les gabachos (Français, de manière un peu péjorative) reçoivent leur dose d'épithètes. Et puis quelques poubelles renversées, des pétards explosés...

    Les Espagnols pensaient que cette fois, "sí, sí, sí, ¡vamos a Berlín!"... La déception s'ajoute à un sentiment d'injustice.

    Les réactions de la presse espagnole par votre serviteur sur EnEspagne.com. Excellente célébration de la victoire à tous les gabachos !

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  • Michel del Castillo: Dictionnaire amoureux de l'Espagne

    Michel del Castillo: Dictionnaire amoureux de l'Espagne
    Documenté mais personnel, cultivé mais de lecture aisée, lucide mais pasionné, ce livre et ses paradoxes sont une excellente invitation à la culture et l'histoire espagnoles. Avec un intérêt soutenu pour l'influence musulmane, par d'autres oubliée. (****)

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    Merece la pena (re)leer el excelente libro del brillante periosdista polaco ahora que Irán vuelve a estar en las portadas de los diarios. Kapuscinski conduce al lector de manera firme, documentada y creativa hacia la esencia de la sociedad iraní. / Excellente incursion à l'intérieur de la vie quotidienne des Iraniens à l'époque du dernier Shah et de sa chûte. (****)

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